De nulle part
  1. Présentation
  2. Païenne oraison
  3. Penser...
  4. La plage
  5. Délivrance
  6. La mer, etc...
  7. Il était là...
  8. Le coeur & la raison
  9. Tes 4 voluptés
  10. J'aurais du te dire
  11. Si tu le sais
  12. Rien qu'un mensonge
  13. Départ

Nous ignorons ce que nous écrivons puisqu'avant de les écrire, les mots n'existaient pas. Ils naissent au fur et à mesure que nous les transcrivons. Etaient-ils en nous à notre insu, enfermés, ne cherchant qu'à se matérialiser ? Ont-ils murri, durant des jours, des années ? Ce sont-ils nourris de nos tourments, de nos joies éphémères, de nos espérances, de notre lente mélancolie, de nos désirs les plus secrets, avant d'arriver au grand jour ?

D'ou viennent-ils ? De nulle part en nous ? 

 

 

Brulant de ta chaleur, 

Je sens monter l’ivresse,

Jaillie de ta moiteur,

Inondée de promesses.

Un flot d’effusions

Où voguent nos étreintes, 

Nos corps en fusion

D’où s’envolent les plaintes

 

Le plaisir est souffrance,

Brulant, sans retenu,

Coloré d’indécence

De nos sens mis à nu.

Enflammés et sauvages 

Délire sensuel,

Un fatal esclavage,

Si tendrement cruel,

Répudie la pudeur,

Que nos élans ravagent,

De folies en fureur.

Improbable voyage !

 

Par ta bouche échancrée,

Mon ardeur se ressource,

Explore la contrée

Où ruisselle ta source,

Où se lève la houle, 

Où se répand la sève,

Où la fièvre s’écoule.

Là où naissent mes rêves.

 

Ta peau, saveur du sel

Que la vague dépose,

Eternel rituel, 

Sur ta plage où éclosent,

Tendres perversions,

Parfums intemporels,

Troubles sensations,

Un chant universel.

La païenne oraison,

De nos ardents soupirs,

N’a pas d’autre raison :

Consommer le désir.

 

Dans ta prison humide,

Protégée par des ronces,

Je suis au bord du vide

Quand ma folie renonce.

Mon bateau fait naufrage

Dans un flot onctueux

Quand se tourne la page 

Du livre langoureux.

Que je lis et relis

Que je relis sans cesse

Dans le creux de ton lit.

Ma foi ! Je le confesse.

Jean Pierre Richardretourhp

Une pensée devrait toujours être dérangeante pour soi ou pour les autres. Une pensée qui n’est pas dérangeante n’est pas une pensée, mais une simple gesticulation de l’esprit.

Penser vient de la racine latine "pensare " qui a donné également le verbe peser. Penser, c'est peser le pour et le contre. Parfois la balance penche d'un coté, parfois de l'autre. Il faut accueillir les pensées pour le meilleur ou pour le pire. Il faut s’en saisir sans craindre de se bruler. Même si l’on se brule. Et puis, on peut bien rencontrer une femme ou un homme, c’est selon, éprouver du désir sans forcément faire l’amour avec.

Penser : 

Je te dis que penser,

C’est penser l’impensable,

Rêves inavoués,

Fantasmes inavouables.

C’est accepter le pour,

Lui opposer le contre,

Voir la nuit en plein jour

Douter de ce qu’ils montrent

Perdre ses certitudes

Quand les preuves s’allongent

Quand le réel dénude

Tous les anciens mensonges.

C’est aimer le printemps

Son endroit, son envers

Et puis le jour suivant

Lui préférer l’hiver.

Penser c’est voyager

Aux confins du délire.

C’est se mettre en danger

C’est savoir se salir.

Penser est aventure

Risques de s’égarer

Découvrir la nature

D’incertaines contrées.

C’est penser sans censure

Contre vents et marées,

C’est fuir la dictature

D’idées pré-fabriquées

Ne pas voir un seul camp

Mots d’ordre indiscutables

Refuser le carcan

D’idées indépassables

Ce n’est pas s’enfermer

Dans la pensée unique.

Mais c’est laisser germer

L’éclat d’esprit critique.

Penser, remplir l’espace

D’idées qui sont les nôtres.

Mais savoir laisser place

A la pensée des autres.

Avec convictions

Sans les voir immuables,

Changer d’opinion

Devant l’incontestable.

Penser, c’est la débauche

D’idées contradictoires.

Parfois même l’ébauche

D’une nouvelle histoire.

Penser, moment sauvage,

Croyances ravagées,

Change le paysage,

Change le passager.

Penser, c’est croire en Dieu,

A son oeuvre, à ses saints,

Puis maudire les cieux

De propos assassins.

Crier la vérité

Sans craindre l’anathème,

Savoir se résigner

A perdre ceux qu’on aime.

Penser sans catéchisme

Sans idéologie

Et préférer le schisme

A toutes liturgies. 

Sans tabou ni totem

Dire ce que l’on voit

Sans craindre le blasphème 

Ne pas baisser la voix

Alors, tu connaitras

Ces contrées désertées

Où tu rencontreras

La grande liberté.

Si tu ne sais te taire,

Tu seras diffamé.

Tu iras solitaire,

Assoiffé, affamé.

 

Parfois sur des décombres

Au hasard du chemin,

Un esprit ou une ombre

Te prendra par la main.

Amitiés éphémères 

Dont tu garderas trace.

Ce sont les plus sincères

Et jamais ne s’effacent.

Jean Pierre Richardretourhp

La plage est insouciante, bercée par un chant égaré sur les dunes. Elle ne sait rien de la tempête qui s’annonce. Elle ne se doute pas que ces mêmes vagues qui lui jurent leur amour à chaque marée vont bientôt la fracasser.
L'horizon s’assombrit, mais la plage ne voit que la tendresse des flots et prend le tonnerre qui gronde au loin pour une simple musique, le ciel qui noircit pour un jeu de lumière.

La tempête passée, la plage aura tout oublié de ce qui l’a brisé. Sitôt le calme revenu, son souvenir s’estompera dans son inconsciente minéralité. Elle reprendra sa vie paisible, se réchauffant au soleil ou accueillant la pluie bienfaisante.

De notre mémoire ne s’efface pas la trace des tempêtes qui nous ont ravagé. La plage ne retient des vagues que les tendres baisers de leur incessant va-et-vient. Nous n’avons pas l’innocence de la plage.

Je marche, je regarde, je m’imprègne de ce que je vois, de ce que j’entends, de ce que je ressens, la pluie comme le soleil, le froid comme la chaleur. Tous ces éléments viennent se mélanger à mes pensées les plus intimes, les plus secrètes.

J’accepte cette nature où je rencontre ma propre nature lorsque craque le vernis policé des conventions hypocrites. Je voudrais n'être que la plage insouciante bercée par ce chant égaré, ne rien connaitre des tempêtes passées ou de celles qui s’annoncent.

J’aspire à n’être qu’un grain de sable, qu’une vague déposant son écume à la manière d’un baiser volé. De la mer, je ne voudrais percevoir que bleu infini et ne plus rien savoir de ses flots menaçants, que le vent ne me soit plus qu’une caresse, la pluie un murmure rafraichissant.

Je ne sais si l'on peut abandonner ses souvenirs ou s'ils s'évaporent peu à peu dans le brouillard de l'indifférence. Mais je sais que  je vais conserver  les moments de simples bonheurs et la douce étreinte d’anciennes souffrances. 

Jean Pierre Richardretourhp

Révolte, voici mes larmes, voici mes pleurs.

Délivre moi du bien, poète, je t’implore.

Tu connus l’opprobre et l’humiliation,

Fais moi partager tes illuminations.

Et pour la liberté et par la solitude,

J’ai arraché de moi leurs pales certitudes,

Idées biens pensantes qui partout prolifèrent.

Et je partis pour une saison en enfer.

Rêveur impénitent allongé sur la berge,

Je cherchais l’étoile que la folie héberge.

Ivre de l’errance, le bateau que je pris,

Dériva sur les désordres de mon esprit.

Plongeons dans l’inconscient, nuit originelle,

Utopie, hors du temps, émotion charnel,

Vision d’un visage, tourments affectifs,

Transport dans l’abime des élans primitifs

Fantôme d’Ophélie traversant sa romance,

Berçant sa passion d’un parfum de démence.

Vomissant les relents de leurs pensées funèbres,

Survint la lumière, déchirant mes ténèbres.

Je me suis délivré de ce qui asservie,

J’avais quinze ans pas plus, tu m’as sauvé la vie.

Tu m’as donné le souffle, tu m’as pris la main.

Tu m’as aidé à vivre au moins jusqu’à demain.

Je n’étais pas comme eux, je n’étais pas commun.

Ils étaient si nombreux et moi je n’étais qu’un.

Et si j’ai malgré moi du entrer dans la danse,

J’ai malgré tout vécu en gardant ma cadence.

Ma jeunesse est passée. Ton empreinte est restée.

Je suis toujours pareil, je peux en attester.

Je pense avec doute mais toujours sans censure

Quelque soit le propos, quelque soit la blessure. 

La révolte renait, soubresaut de la chair

Que la pensée anime, ultimes surenchères.

Jean Pierre Richardretourhp

La mer, l’amour, la mort.

Sonorité étrange,

Tel romance et remord,

Murmure qui dérange.

Camaïeu déroutant, 

Jonglerie des voyelles,

Un refrain envoutant

Nuances d’arc-en-ciel

Redoutable est la mer.

Flottent mes souvenirs.

Si l’amour est amer,

La mort est avenir.

Roulant comme un grand rire,

La mer m’emportera.

L’amour m’a fait souffrir.

La mort me guérira.

Jean Pierre Richard

 

Dans les rues angoissées de la nuit. Par les chemins de solitude, dans le vent qui éparpille tout, dans la chaleur épaisse où se traine l’ennui, dans le froid glaçant des jours monotones.

Derrière chaque mot

C’est de toi que je parle.

Derrière ma mélancolie

C’est toi qui apparais.

Dans le plus banal refrain

C’est ta voix qui chante.

Par chaque geste

Ce sont tes mains qui me frôlent.

Derrière chaque désir

C’est ton corps qui respire.

Par chaque sanglot, chaque cri

C’est pour toi que j’écris.

Derrière chaque couleur

Ce sont tes yeux que je vois.

Dans chaque regard qui danse

C’est à toi que je pense.

Toi, que je ne connaissais pas, mais que j’imaginais dans les délires de mes songes, dans mes larmes, dans mes rires, dans mes ivresses.

A force de tant de ténèbres, de tant de désespérance, dans ma nuit, je t’ai aperçu. Sans jamais t’avoir vu, je t’ai reconnu.

Tu venais de sortir de la caverne des bas-fonds de mon âme où se meuvent l’impensé et l’impensable, nourris de rêves insensés, de folles espérances et d’espoirs déçus, de sentiments secrets, innomés et innommables.

Au hasard d’un regard, tu m’as souri, troublante. Je t’ai souri, troublé.

Existais-tu vraiment ou venais-tu d'éclore de mon imaginaire, tendre accouchement d’années d’espoirs amers. Idéelle, idéale. Etais-tu réelle ? Etais-tu une autre ?

Mais rien n’était comme prévu. Au milieu du vacarme, des bavardages insipides, tu te gaspillais, noyée par les propos anesthésiants, que tu écoutais, enfermées dans tes croyances apprises, encombrantes et poussiéreuses.

J’ai senti qu’il fallait briser les murs de cette prison. Il fallait t’affranchir de leur médiocrité où s’engluaient tes espoirs.

Nos attentes se sont frôlées. Nos rêves se sont étreints. Indécente intimité de nosfantasmes souterrains. 

Tu te montrais délurée. Tu étais fragile et naïve. Tu me révélais que je pouvais aimer sans craindre de m'attacher. Tu as été une éclaircie dans ma vie avant que l’horizon ne s’obscurcisse.

La passion, le passé cachent des regrets enfouis. Peut-être que déjà dans le premier instant, ce moment primitif et furtif qui nous échappe lorsqu’il se produit, se trouve la malédiction, le malentendu, la faille.

Qu’est-ce qui se cachait dans tes regards, derrière tes larmes, tes joies, tes excès de tendresse, tes accès de colère ? 

Tes sentiments, que je croyais connaitre, étaient un mirage qui s’est dissipé, une authentique contrefaçon, un décor de théâtre que l’on démonte après le spectacle.

Ta bouche avait alors la douceur infernale que procure le miel du mensonge, déjà prête à distiller le poison.

Qui se terrait, en embuscade, prêt à surgir. A pénétrer par effraction.

Une même force t’attirait vers moi et te rattachait à lui. Une force invisible, irrépressible qui inconsciemment nous relie aux êtres au-delà de l’espace et du temps.

Il était là,

Dans ce désert de sable blanc,

Dans ce ruisseau, ce fleuve bouillonnant,

Dans chaque orage, chaque éclair,

Dans chaque couleur, chaque reflet, chaque rayon de soleil, 

Dans chaque nuit, dans l’obscurité,

Dans chaque plaine, chaque montagne,

Dans chaque arbre, chaque pierre, 

Sous la pluie, dans la chaleur, dans la tempête,

Dans chaque flocon de neige,

Sur les océans et sur le sable doré des plages, 

Sur chaque vague, dans chaque marée,

Sur les chemins capricieux, 

Dans les villes tumultueuses,

Dans chaque rue, au milieu de la foule,

Dans chaque passant, chaque rencontre,

Dans le silence et la fureur,

Dans chacun de tes rires, dans chacune de tes larmes,

Dans tes caresses, dans tes colères,

Dans tes sourires, dans tes angoisses,

Dans tes joies et tes tourments,

Dans tes cris d’amour, dans tes soupirs,

Dans tout ce qui palpite, dans tout ce qui scintille,

Dans tes yeux qui pétillent,

Dans ton sommeil, dans tes rêves éveillés,

Sur le bout de tes lèvres, dans tes baisers, dans le plaisir consumé,

Dans chaque pensée, chaque doute, dans tes rêves exaltés, 

Dans tes ardeurs, dans ta ferveur,

Dans ta passion.

Dans mes bras.

Il était là.

Jean Pierre Richardretourhp

Raison sentimentale,

Passion raisonnable,

Des folies minimales,

Amour château de sable.

Tu as croisé des hommes

Au parcours opposé

Sans que sur l’un, en sommes,

Ton choix se soit posé.

Ou se posait ton coeur

Ta raison résistait,

Aucun à la hauteur

De ton roman secret.

Tu choisis par raison,

Un amour de passage,

Un amant de saison

Qui te rende moins sage.

Il avait la couleur

Qui attisait ta flamme.

Et sa douce chaleur

Flattait en toi la femme.

Un amour de décors,

Amour faute de mieux,

Amour du bout du coeur,

Amour du bout des yeux.

Les couleurs se délavent.

Le temps est sans pitié,

Ramène les épaves 

Des chagrins oubliés.

Vient le temps des regrets

Qui vous prend en otage,

Vous tient dans ses filets.

Refluent les vieux orages.

Tu regardes dérrière,

Tes doutes mis à nu,

Volent tous tes repères.

Tu dis : si j’avais su.

Amour en équilibre,

Vertige d’une danse,

Et tes sentiments vibrent,

Et ta raison balance

Comme une métaphore,

Image du trapèze,

Un amour de confort,

Amour par parenthèse

Brille un feu d’artifice,

Consumant sa magie,

Le temps d’un sacrifice.

Un amour ici-gît.

Tu n’as jamais trouvé,

Celui dont tu rêvais,

Ce rêve immaculé,

Fable que tu couvais.

Et comprenne qui peu

A ces amours surfaites,

Aux règles de ce jeu

A la seule défaite.

Les filles ont parfois

De ces désirs étranges,

De singuliers émois,

Mi démon et mi ange.

Jean Pierre Richard

Ton corps, écartelé

Par tes amours barbares,

Cerne de barbelés

Tes émois de hasard.

Sur ta détresse acide, 

Que ton mal-être enclôt,

Ton désir se suicide

A l’aube d’un sanglot.

Espérance incolore,

Entourée de remparts

Et qui ne peut éclore,

Meurtrie de part en part.

Emprise de l’empire

D’un crédo crucifère

Te livre à ses vampires

Aux humeurs mortifères.

———————————

Quand oseras-tu, Quand,

Abattre l’édifice

Et broyer ce carcan,

Chasser ces maléfices.

Que meurent dans les flammes

Tes préjugés frileux,

Toutes tes peurs infâmes 

Et tous tes tristes jeux.

Allume l’incendie.

Abroge tes décrets.

Il n’est pas d’interdit

Sinon ceux que tu crées.

Défait toi de toi-même.

Jette tes anciens livres

Compose le poème

De ces mots qui enivrent.

Et que, ta fureur brise

Les barreaux de ta cage,

De ta morale apprise

Amorce le saccage.

—————————————

Le vent s’est répandu 

Emportant au passage

Un monde défendu,

Tes pensées les plus sages.

Chassées par la magie

S’écroulent tes idoles.

Voilà que tu rugis,

Danse la farandole. 

Ta ferveur se révèle,

Folle danse insoumise,

Espoir de joies nouvelles

Pour la terre promise.

Se dissous ta panique

Au volcan de ton corps.

Planète tectonique !

Brûle la lave encore.

Tes regards, tes silences

Appellent de tes voeux

Ce refrain qui s’élance

Comme un puissant aveu.

————————————-

Et ta peur cessera.

Nous flotterons hors sol. 

Et le plaisir sera. 

Notre unique boussole.

Je ferai sur ton corps

Un périple au long cour

Vers ton ile aux trésors,

Indicible parcours.

Je serai le pirate

Qui recherche ce coffre,

D’un bijoux écarlate

Que la folie lui offre.

Mes carnets de dessins

Croqueront à l’envi,

La rondeur de tes seins,

Les fleurs de tes envies.

L’éclat de tes attraits,

J’en peindrai le contour.

J’esquisserai les traits

De tes moindres atours.

—————————————-

Un luxe de luxure

Irradie de tes yeux,

Caressant la blessure

D’ou va jaillir le feu.

Un souffle sulfureux.

Paradis en enfer.

Délire langoureux.

Une douce atmosphère.

Dans un embrasement, 

Sur le chemin farouche

De mes désirs ardents,

Je guiderai ta bouche.

Coule, coule l’ondée

En un flot d’insolence,

Dans ma bouche inondée

Par ton impatience

Je boirai l’eau de vie,

Là, de ton corps en transe

Quand ta passion vit

Et d’excès et d’outrances

Expulsé de ton antre

La fièvre qui va naitre

De tes yeux à ton ventre

Que le diable pénètre.

Infernal va-et-vient,

Lent, violent, brulant

Qu’un brasier entretient

D’éclairs étincelants.

Satané, satanique,

Sensuel et intime 

Retentit le cantique

De ce moment sublime.

Quand le chant de la chair,

Comme l’esprit du vin,

S’élève dans les airs

Pour frôler le divin.

Pureté impudique,

Sans tabou ni tambour.

La mystique musique

Au rythme de l’amour

Plus rien ne te retient.

Te voilà décidée

A accomplir enfin,

Tes quatre voluptés.

Richard Jean Pierre

retourhp

Nous oublions souvent les paroles que nous avons prononcées mais jamais celles que nous n’avons pas osées dire.

C’était, il y a longtemps. A cette époque, nos chemins se sont croisés et nos espoirs se sont étreints dans l’ivresse de nos désirs d'évasion Aussi, j’aurais voulu que tu échappes à ce monde que tu fréquentais. Tu y étais presque, mais quelque chose te retenait encore. Des convenances. Des croyances apprises et qui brimaient tes désirs, tes envies. La peur du qu’en dira-t-on. 

J’aurais dû te dire : Fais-moi confiance. J’ai déjà passé le pont. Je suis déjà sur l’autre rive. Depuis l’enfance, je me sens différent. C’est ma planche de salut. Viens découvrir le monde que je porte en moi et que je tais. Allez, accroche-toi à moi. Faisons ensemble un bout de chemin. Moi aussi, j’ai besoin de toi.

On va tout révolutionner… Oh ! Non, pas le monde, laissons le monde, mais nos vies. Changeons nos vies, le monde lui, il ne changera jamais. N’aies pas peur d’être différente.

 

Ecoute moi…

Prends le premier bateau

Une barque, un radeau

Si tu veux, peu importe

Mais que le vent t’emporte

Défais toi de ta laisse

Amarrées au port, laisse

Laisse ancrées tes croyances

Un vent d’imprévoyance

Du berceau au trépas

Saura guider tes pas

La vie est par moment,

Un récit, un roman

Qu’une cohorte enlace 

Pour l’écrire à ta place

Tu auras ta revanche,

Devient la page blanche 

Où s’écrit l’existence.

Et entre en résistance.

L’espace de toi-même

Faisant donc un poème.

Tu sais, tout est possible.

En chassant les nuisibles

Qui te cachent la vie,

Qui briment tes envies.

Tu peux tout mettre en scène,

L’obsédant et l’obscène.

Va jusqu’au fond du gouffre.

On est ce que l’on souffre.

N’est peur de tes paroles,

Elles sont la corolle

Des reflets de ton âme,

Le miroir de tes drames,

Riment tes sentiments

Tes amours, tes tourments

Et bercent ta détresse 

D’une infinie tendresse.

Aujourd’hui, quand me reviennent des résidus de mon passé, je me dis que les gens que je côtoyais, se comparaient à une norme qu’ils pensaient parfaite et absolue. Leur norme. Et le pire, c’est que non seulement ils vivaient, eux, en fonction de cette norme mais exigeaient que les autres aussi s’y conforment et qu’hypocritement ils foulaient aux pieds quand cela les arrangeaient. 

Toi, tu n’étais pas rebelle, plutôt conformiste, tu acceptais la norme, tu te coulais dedans même si tu t’y sentais à l’étroit. Si tu ne ressemblais pas totalement à ceux que tu fréquentais, tu cherchais malgré tout à t’identifier à eux. Je t’idéalisais peut-être. Mais, moi, j’avais le sentiment que, toi, tu valais mieux que ça.

Tu vois bien :

Ils t’opposent leurs normes,

T’imposent leur morale,

Leur pensée uniforme,

Leur discours doctoral.

 

Et de leurs préjugés,

Ils font philosophie.

Tout est vite jugé

Mais cela leur suffit.

Et ce douillet confort

De l’esprit, les rassure.

Ils se sentent si forts.

Ils se sentent si sûrs.

Ils sont si bien entre eux,

Abeilles de la ruche,

Et ils sont si nombreux

A imiter l’autruche

Comme au rocher, la moule,

Accrochés à leurs peurs,

Se coulant dans le moule,

Sombrant dans la torpeur.

L’humour velléitaire,

Sans saveur, sans outrance,

Comme un strict nécessaire,

Bien pesé, bien pensance.

Propos aseptisés,

Paroles contenues,

Vérités étouffées,

Un discours convenu.

N’éprouvant pas le doute,

Ils n’ont que certitudes 

Et tout ce qu’ils redoutent,

Perdre leurs habitudes.

De manière atonique,

Ils pensent comme ils baisent

Pensée hygiénique.

Désirs par parenthèse

Ils n’ont point de folie

Leurs envies sont austères,

Sans fureur, sans magie,

Sans excès, sans mystère.

De pulsions pudiques,

En émois convenables

Des élans méthodiques

Passions raisonnables

Ne connaissent le monde

Qu’au travers des images.

Jamais ne les inonde

La fièvre du voyage.

Ignorent ces errances

Des esprits tourmentés,

Et de ces fulgurances

Qui les font exister

L’inconnu les effraie.

Ils fuient l’imaginaire,

Ils ne font pas les frais

De l’extraordinaire

La peur de s’égarer,

Les a cloués au sol.

Ils sont désemparés

S’ils n’ont maitre ou boussole.

Ils sont ancrés à droite

Ou à gauche. Soumis,

Enfermés dans la boite

D’un crédo bien appris.

Ils n’ont pour horizon

Qu’un futur résigné.

En somme, la prison

Qu’on leur a assigné.

Alors dans le clair-obscur de mes rêves, je me disais, je te disais : Toi que je connais à peine… Toi, que je cherchais et que j’ai reconnu sans t’avoir jamais vu. Toi, que je regarde te gaspiller au milieu de ce monde. Toi qui est attirée par tout ce qui brille. Toi qui te perds dans des élans superficiels. Toi qui te noies dans leurs discours insipides.

 

Alors, toi. Oui, toi :

Hurle, pleure ou écris 

A force d’insolence

Qu’on entende ton cri

Jusque dans tes silences.

Tire ta révérence

A leur hypocrisie

Et par l’irrévérence

Choisit l’apostasie.

Ici, tu te gaspilles

Au milieu de ces gens.

Tes rêves s’éparpillent,

Partir devient urgent.

Le quotidien t’encercle,

Il faut que tu respires.

Soulève le couvercle

Pour échapper au pire.

Tu vas vers le naufrage,

La médiocrité

Si tu vends tes suffrages

A leur normalité.

Tu dois passer le pont.

Tu dois changer de rive.

Le vent dans ton jupon,

Te dit : allez dérives.

Et brise la prison

Qui te retient encore 

Et oublie les leçons

A réciter par choeur.

Pense, rêve avec rage,

Leurs idées t’ensommeillent.

Préfère les orages

A leur blême soleil.

Emprunte le chemin

Vers l’acmé du plaisir.

Tiens ! Donne-moi la main.

L’aubaine est à saisir.

Fuit leurs ternes ardeurs,

Tes pulsions éteintes,

Et leurs fades ferveurs,

Et tes mornes étreintes.

Sinistres corps à corps,

Sans chaleur et sans fête

Quand l’ennui du décor

Habille tes défaites.

Viens et vis à ton aise,

Libre en toute licence. 

Tu deviendras la braise 

Qui enflamme mes sens.

Et moi, moi :

Assoiffé, dans ma course,

D’un rêve inassouvi,

J’irai boire à ta source,

Là où germe la vie.

Et moi, je me suis tu. Voilà ce que je n’ai pas dit. Je n’ai pas eu les mots. Le courage des mots.

Il est trop tard. Trop tard pour parler.

J’aurais dû te dire tout cela bien avant, mais est-ce que tu m’aurais cru, écouté seulement ? Peut-être même que cela t’aurait fait fuir. 

Je ne sais si j’aurais pu t’arracher à ce morne passé qui a continué à vivre en toi. Tu étais entre deux mondes, deux histoires, deux rêves, deux attaches.

De n’avoir pas su, pas pu, pas osé, j’en paie le prix aujourd’hui. Voilà, mon cauchemar. Tu es retournée à ces amours d’antan enfouis dans ta mémoire et qui ont pris le gout sucré des aventures nouvelles.

Parfois, dans l’illumination de l’insomnie, je me demande si la nuit va finir, si le jour va revenir. Tu sais, il arrive que la nuit ne finisse pas avec le jour ? Quelques fois, je me demande si le jour n’est pas qu’une parenthèse de la nuit où se glissent nos regrets et qui héberge notre mal de vivre.

Jean Pierre Richardretourhp

Est ce que le sel se souvient de la mer ?

Est ce que le fruit se souvient de l’arbre ?

Est ce que le fleuve se souvient de sa source ?

Est ce que la fleur se souvient de la graine ?

Et toi, te souviens-tu de moi ?

Que sait le blé de la caresse du soleil ?

Que sait la prairie de la pluie fertilisante?

Que sait l’homme de la foudre qui l’atteint ?

Que sait la plage des passants qui la foulent

Et toi que sais-tu de moi ?

Que sais-tu de l’étreinte de ces années d’échec ?

Que sais-tu du fardeau étouffant de l’ennui ?

Que sais-tu du vacarme à t’écouter t’enfuir ?

Que sais-tu des doutes où s’épuisent le malheur ?

Que sais-tu de cet impossible oubli ?

Que sais-tu des larmes qui noient l’avenir ?

Que sais-tu du passé qui dévore le présent ?

Que sais-tu de la nuit aux visions électriques ?

Que sais-tu des mille tortures épileptiques ?

Que sais-tu des regrets à n’être que soi-même ?

Que sais-tu des désirs qui ne font qu’attendre ?

Que sais-tu du supplice à aimer en vain ?

Que sais-tu de la brulure du mensonge ?

Que sais-tu de la cruauté d’avoir cru être aimé ?

Que sais-tu de l’entrave qui bâillonne les rêves  ?

Et de ce gout amer d’espérances écorchées ?

Où est cette ile, dont on parle, et qui héberge la délivrance ?

 Si tu le sais, dis-le moi.

Richard Jean Pierreretourhp

Ecoute…

C’est le chant d’un mensonge.

Et puis quoi d'autre ? Rien !

Un air de trahison.

Une chose banale.

C’est l’orage qui gronde.

Quelques gouttes de pluie.

C’est la foudre qui frappe.

Rien qu’un feu d’artifice.

Et voilà l’incendie.

Rien qu’un ciel qui flamboie.

C’est un espoir qui saigne.

Quoi ! Trois gouttes de sang.

Et la vie continue.

Ce n’était qu’un mensonge.

Jean Pierre Richard

Tu n’étais pas à l’heure,

Et le train est passé,

Emportant ton bonheur,

Un rêve fracassé.

Tu prias qu’il revint.

Le destin n’est pas tendre

Pour qui espère en vain,

Pour qui ne fait qu’attendre.

Le présent molesté

Et l’avenir s’égare.

La romance est restée

Sur le quai d’une gare.

Jean Pierre Richard